lundi 4 janvier 2016

RAOK toi-même!

Non inutile d’éloigner les enfants de l’ordinateur, ce dont je vais vous parler aujourd’hui, malgré l’acronyme barbare qui le désigne, est quelque chose de tout à fait « tout public ».

J’ai découvert durant ma formation en psychologie positive le principe du RAOK. Alors qu’est-ce donc que cette chose ? 
si vous n’en n’avez jamais entendu parler, inutile de tenter les suppositions, ce n’est ni la danse de l’été, ni un art martial, encore moins une espèce animale nouvellement découverte.
RAOK est l’acronyme de l’expression anglaise « Random Act Of kindness » qui signifie « Acte aléatoire de Gentillesse ».
« Donc finalement ton RAOK c’est un AAG ? » me diras-tu cher lecteur - oui , aussi, mais ça ne change rien, revenons donc au sujet

L’acte aléatoire de gentillesse, au premier abord, j’ai trouvé que ça sonnait très bisounours ; j’ai tout de suite pensé à ces photos qui circulent sur internet avec des gens portant des panneaux « free hugs »(calins gratuits) et ça m’a fait sourire. On trouve une multitude de blogs, sites, articles au sujet des RAOK sur la toile. Le principe de base est assez simple, il s’agit de faire des choses gentilles, comme ça, de manière désintéressée.
« Mais euh pourquoi ? »  es-tu en train de penser (oui je t’entends penser, je suis trop forte…) : et bien pour rien, on te dit que c’est désintéressé ! bon d’accord, il faut bien un but à tout ça. Le but est donc de créer autour de toi un cercle vertueux, une spirale positive, autrement dit en langage bisounours :tu es gentil, les gens sont contents, il te rendent de l’amour, tu reçois plein d’amour, tu es heureux…

Non non ne rebrousse pas chemin, ce n’est pas aussi perché que ça en a l’air, c’est même tout à fait scientifique le RAOK.
Qui n’a jamais constaté que lorsqu’on est de bonne humeur, plus enclin à aller vers les autres, à communiquer en positif, alors on reçoit également plus d’énergie positive que lorsqu’on se trouve dans un état d’esprit fermé, que l’on est de mauvaise humeur ? 
c’est aussi simple que ça. Transmettre du positif, démarrer la spirale, un acte après l’autre, tout simplement pour participer à améliorer les choses, le monde. Améliorer le monde avec des petits actes de gentillesse, ça peut sembler très utopiste tout ça mais si on y réfléchi, pourquoi pas ? en parcourant les sites US parlant de RAOK je suis tombée sur un témoignage parlant d’une personne ayant offert un café au client suivant d’un drive. Les employés ont été témoins ce jour là d’une immense chaine qui a duré toute l’après-midi, soit plus de 70 clients qui ont prolongé l’acte de gentillesse initial en offrant un café au suivant à chaque fois. 
Et derrière le café qu’y a-t-il ? que ressentiriez-vous si un inconnu payait d’avance votre café ? si vous trouviez une pièce sur le parcmètre ? car l’acte génère une émotion, positive, et c’est là la clé du RAOK. C’est de réaliser qu’un acte infime peut créer en l’autre une émotion positive : joie, amusement, gratitude, sérénité. 
Par le biais de l’acte, son auteur a le pouvoir de transformer l’état d’esprit d’un inconnu, en une fraction de secondes. Comme le battement d’aile du papillon peut provoquer un ouragan à l’autre bout de la planète, le RAOK peut entraîner une suite d’événements positifs et c’est en ça qu’il peut changer le monde.

Et concrètement, je fais comment ? il ne s’agit pas de donner n’importe quoi, n’importe comment à n’importe qui… selon le professeur Raghunathan, alias Docteur Happy Smart, il y une bonne manière de donner. Pour que donner soit bénéfique, celui qui donne ne doit pas donner plus que ce qu’il peut (en terme d’argent, de temps, d’engagement, d’implication émotionnelle…), et doit également pouvoir constater les effets de son don (pour que le bénéfice soit optimal). Inutile donc de faire cadeau d’une voiture neuve à un inconnu pour améliorer son bien-être personnel, ce n’est pas le but.

Enfin, ce qui est primordial, c’est de multiplier les RAOK plutôt que de vouloir en faire un gros. Car comme l’a démontré le Professeur Barbara Fredricksonhttps://www.positivityratio.com/, pour se sentir « heureux », le ratio entre les émotions négatives et les émotions positives n’est pas ce que l’on pourrait croire. De prime abord on peut penser qu’il faut 2 émotions positives contre 1 émotion négative pour que le positif prenne le dessus… cependant les émotions négatives perdurent plus et nous affectent plus ce qui fait que le ratio , au lieu d’être de 2 pour 1 est en fait de 3 pour 1 (3 émotions positives pour 1 émotion négative) mais la bonne nouvelle c’est que ces émotions positives n’ont pas besoin d’être de « grandes émotions » ; pas besoin d’être terrassé de joie pour que cela fonctionne. Et c’est là que le RAOK prend tout son sens…

Ok, j’y vais, je fais quoi ?
Il existe des listes sur internet que tu trouveras facilement cher lecteur. Cela dit, personnellement je les catégorise en « RAOK du quotidien » et « RAOK exceptionnels ». Au quotidien, les choses que tout le monde peut faire chaque jour sans effort particulier : un sourire sincère, tenir une porte pour quelqu’un, laisser passer un piéton ou une autre voiture, faire un compliment sincère à quelqu’un… oui ce sont aussi des RAOK (comme quoi ça coute pas cher !)
Ensuite tout est envisageable, des « petits RAOK exceptionnels » ( comme écrire une lettre gentille, payer un café d’avance pour le client suivant, offrir des cookies aux nouveaux voisins), aux « grands RAOK » (faire du bénévolat, apporter des crêpes pour tous les collègues, envoyer un « colis de soleil » à quelqu’un qui ne va pas bien, payer une réparation de voiture pour quelqu’un si vous en avez les moyens) ; les possibilités sont vastes..

Ce qui est formidable dans le RAOK, c’est que c’est contagieux. On peut rencontrer un peu de suspicion mais dans l’ensemble les retours sont rapides et très positifs ; personnellement ça me booste pour la journée. Je vais donc te donner, lecteur, quelques exemples concrets de RAOK « exceptionnels » que j’ai eu l’occasion de réaliser : envoyer un colis de « soleil » (remplis de choses jaunes uniquement), laisser un post it avec un smiley dessiné dessus accompagné d’un bonbon crocodile sur le bureau de plusieurs collègues, faire des crêpes pour les collègues de l’usine, afficher des citations positives sur le tableau d’affichage des projets au bureau, organiser une sortie avec les collègues, trier les jouets avec les enfants pour les donner à une association,  offrir un « bon pour une soirée de baby sitting » à de jeunes parents, envoyer un cadeau sans raison à une amie…  J’ai remarqué que les RAOK les plus créatifs, qui nécessitent une petite préparation ou de se cacher pour installer quelque chose procurent beaucoup de plaisir car on anticipe énormément la réaction de la personne…

Finalement, le RAOK c’est un terme barbare pour désigner quelque chose de simple… le plaisir que procure l’acte de donner. On peut se demander, pourquoi rendre complexe quelque chose de simple qu'on peut juste qualifier de gentillesse, parce que finalement c'est de la gentillesse non? pourquoi en faire un concept?
Parce que vois-tu, le faire de manière consciente apporte une toute autre dimension à l'acte de gentillesse. Le réfléchir, le préparer, en observer les effets nous permet de réaliser bien plus profondément l'impact de nos actes sur les autres, nos actes de gentillesse en l’occurrence mais implicitement, tous nos actes... bref,  le RAOK c'est une sorte de version Pleine Conscience de la gentillesse....





mardi 17 novembre 2015

vendredi 13 novembre 2015



Comme tant d'autres j'ai ressenti le besoin d'écrire après les horreurs du week-end. Si je partage c'est que, malgré ce que certains pourraient considérer comme de l'impudeur, écrire dans ces cas là s'avère souvent thérapeutique. Je n'ai pas la prétention de faire de la grande littérature, ni même d'avoir un quelconque talent mais l'écriture, le dessin, l'art, quel que soit votre niveau, sont des moyens de s'exprimer qui permettent d'extérioriser des émotions d'une manière positive et non violente. Vous ne souhaiterez peut être pas lire la suite, cela ne vous intéresse peut être même pas, vous avez peut être assez lu de lettres ouvertes sur les réseaux sociaux ces derniers jours mais posez vous la question pour vous car il est important de ne pas garder en soi ces émotions négatives. elles s'auto-cultivent, grandissent, vous rongent et vous envahissent. Aidez les autres, aidez-vous, échangez, exprimez vos émotions, méditez, ressourcez vous devant l'océan, allez courir, bref trouvez votre manière pour évacuer mais ne laissez pas la colère ou la peur ou l'angoisse s'installer en vous...

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J’avais dans les 8 ans lorsqu’on m’a lancé un jour dans la cour d’école « tu iras en enfer parce que tu n’es pas baptisée », ça m’a semblé si dingue qu’à 10 ans j’avais élaboré une théorie sur la religion : il n’y avait qu’un seul Dieu et pour tester les Hommes il avait laissé des écrits qui avaient pour point commun de leur demander l’Amour et le respect de la vie humaine, mais qui différaient dans la forme et de multiples détails. Et Dieu observait maintenant ce que nous en faisions… 

Au fur et à mesure des années, j’ai forgé ma propre croyance. J’ai souvent dit que, s’il y a un Dieu, peu importe son nom, il saura juger notre vie au moment opportun, et s’il n’y a pas de Dieu alors avoir vécu dans la générosité, le partage et l’Amour aura donné du sens à notre vie dans tous les cas.
Je n’ai jamais cru qu’un Dieu bon pouvait envoyer des bébés en enfer parce que leurs parents ne les avaient pas baptisés. 
Je n’ai jamais cru qu’un Dieu bon puisse condamner des millions de personnes aux flammes pour l’éternité parce qu’elles étaient nées quelque part ou Dieu n’est tout simplement pas connu. Tout comme je n’ai jamais compris comment on peut se vanter d’être Français (ou d’une autre nationalité) et se juger supérieur aux autres juste parce qu’on a eu la chance d’être né ici. Je veux dire, ce n’est pas comme si j’avais du remporter un concours de compétences, me battre ou prouver ma bonté ou une quelconque habileté pour obtenir ma nationalité ; j’ai juste ouvert les yeux et j’étais là, comme j’aurai pu être au fin fond de la forêt amazonienne, au Mali ou encore en Chine. Le Hasard de la loterie de la vie, j’aurai pu être bonne ou mauvaise, selon les critères des fanatiques religieux de toutes sortes, juste par ce hasard de la vie… 

Et aujourd’hui pour toi, toi qui tue à Paris, au Liban et ailleurs, je suis mauvaise. Mauvaise au point que tu t’octroie le droit de me tuer si l’occasion se présente.  Au nom de ton Dieu, tout en le bafouant, cet Allah qui a pourtant dit que « celui qui tue un homme alors c’est toute l’humanité qu’il tue », que  « la vie humaine est sacrée ».
Comme il doit pleurer Allah aujourd’hui sur ce non-sens, sur cette aberration… comment aurait-il pu imaginer ça, qu’on puisse détourner à ce point un message d’Amour pour en faire de la haine pure… 

Je te regarde toi le terroriste avec le même désarroi que je te regarderais si tu maintenais que 2+2 font 5 ou que nous sommes en été alors qu’il neige : comme on regarde un fou qu’aucune raison de ne peut faire dévier de son délire. Et oui ça me fait peur alors tu penses que tu as gagné parce que c’est ce que tu veux, ma peur. Mais ta folie me fait moins peur que d’arrêter de profiter de la vie. La mort me fait moins peur que la non- vie. Je suis une irrécupérable optimiste qui croit que malgré toutes les imperfections de l’être humain, malgré tous ses défauts grossiers, il reste en lui quelque chose qui peut encore être sauvé. Parce qu’un sourire peut changer une journée, une main tendue peut changer un avenir, une phrase peut changer une personne. Ton pouvoir de terroriste est celui des armes, il peut stopper et supprimer mais il ne peut pas changer l’Homme, alors que mon sourire le peut. En ça tu es faible, en ça et en beaucoup d’autres choses car la violence a toujours été l’apanage de ceux qui n’ont pas d’argument.

J’ai 36 ans et je ne crois pas en Dieu, je crois en un Tout, en un cycle, en la nature, en ce miracle que constituent notre planète ainsi que toute la vie terrestre. Je crois à l’Amour, au partage, à la générosité, à la solidarité et à l’unité que tu fais naitre par tes actes barbares…
Je crois en mon devoir d’Etre Humain d’être quelqu’un de bien, de m’améliorer encore, d’apprendre à mes enfants qu’aucun acte de gentillesse n’est inutile, que l’Amour et la Liberté sont les seules armes dont nous disposons contre toi, et qu’elles te font peur, infiniment peur alors qu’il faut les faire grandir encore et encore.

Et il se peut que je me trompe, il se peut qu’il y ait un Dieu et que je finisse en enfer parce que j’aurai trop profité, parce que j’aurai loupé une consigne mais s’il y a une seule chose dont je suis sure c’est que dans ce cas je te retrouverai là-bas, l’ai ahurit de celui qui qui ne comprend pas ce qu’il fout là, comme le gars qui se réveille avec la gueule de bois à poil au milieu d’un champ sans savoir pourquoi… 
Mais rassure toi, quand tu comprendras tu auras l’éternité pour pleurer...
 Mais ce que j’espère vraiment au fond de moi, c’est que ton enfer à toi sera de voir par la fenêtre chaque jour ceux qui sont de l’autre côté, tous ceux que tu as tué, en train de faire la fête à la terrasse d’un café, une bière à la main, avec à fond dans tes oreilles un album de Métal  et surtout, surtout, que tu vois chaque seconde de ton éternité le bonheur de vivre dans leurs regards…


mardi 3 novembre 2015

Comment nous avons survécu au TOP



Pour ceux qui ne connaissent pas, le TOP est le Trouble de l’Opposition Provocation. On l’identifie comme tel lorsque l’enfant entre en opposition systématique avec le parent, quel que soit le sujet.


Si vous avez l’impression que la moindre demande de votre part tourne au drame, que votre relation n’est plus que conflit, que votre enfant est devenu une armée rebelle en guerre et que vous vivez avec un marchand de tapis qui tente de tout négocier, vous êtes probablement dans une situation de TOP.


C’est que nous avons vécu il y a quelques semaines, nous étions entrés dans un cercle vicieux et je ne voyais pas la sortie, nos 1 an d’éducation bienveillante étaient en train de s’envoler en fumée, je m’étais remise à crier, j’appréhendais de demander à mon 6 ans de coopérer pour quoi que ce soit. Je suis tombée sur un article sur le TOP.

Vous pouvez lire à peut près tout ce que j’ai lu en tapant « Trouble d’opposition » sur Google, je ne vais pas réécrire ici ce qui est très bien explique dans tout un tas d’articles.

Ce que je vais vous expliquer, c’est comment nous en sommes sortis. Tout d’abord, j’ai fait une grosse remise en question. Parce que l’ erreur à ne pas faire et qui pourtant est facile à faire, c’est de dire (réaction première de mon mari) « l’éducation bienveillante ça marche pas, en voila la preuve ».

La bonne question à se poser est « qu’est ce qui a changé ? » et surtout « qu’est ce qui a in-sécurisé mon enfant au point qu’il cherche à tout prix à nous tester et à voir si nous sommes là, fiables, solides, cohérents, assez forts pour le protéger ».

Car oui, dans la grande majorité des cas, un enfant qui provoque et teste est un enfant angoissé qui à besoin qu’on lui prouve que nous sommes assez solides pour le protéger et s’il se débrouille bien, il met en évidence nos failles : si notre réponse à ce test est la perte de patience, les cris, le retour à la VEO alors… nous échouons au test et l’enfant est encore plus angoissé et il teste à nouveau. C’est simple… et compliqué à la fois ! oui car si au départ notre enfant est angoissé c’est que quelque chose à changé ; si la cause est extérieure à nous alors il sera probablement facile de le rassurer par notre comportement et nous ne tomberons pas dans le cercle vicieux du TOP.


Mais si la cause, c’est nous alors c’est une autre histoire. C’est pour cette raison que la remise en question est nécessaire pour ne pas passer à coté de ce qui peut régler le problème.


Donc je me suis assise, calmement et je me suis posé la question ; en ce qui nous concerne ce n’était pas très compliqué à deviner même si quand on a « la tête dans le guidon » comme on dit, on peut parfois ne pas voir l’énorme pancarte que brandissent nos enfants ni entendre la sonnette d’alarme. L’Homme en burn out avec arrêt de travail, une grosse remise en question de notre avenir/ mode de vie, des changements nécessaires qui se profilent…

On s’imagine souvent que les enfants ne savent rien de nos problèmes, c’est faux. Bien sûr tous les enfants sont différents et certains plus inquiets de nature que d’autres (les heureux parents de petits zèbres hypersensibles me comprendront très bien ici), c’est donc tout un tas de paramètres qui déterminent ce facteur angoisse déterminant dans le TOP

Le constat était facile, pris dans nos propres angoisses nous étions passé à coté des siennes, CQFD ; avec le recul ça me semble dingue que nous n’y ayons pas pensé sur le moment ; nous connaissions sa sensibilité, nous connaissions ces mécanismes, et pourtant nous sommes tombés dans le panneau.

D’où la raison de ce partage aujourd’hui, pour montrer encore une fois qu’en terme d’éducation, il y a toujours la théorie et la pratique…


Ok, maintenant que le constat est fait, on peut pleurer un bon coup et culpabiliser (si si, mais pas longtemps parce que c’est pas tout ça mais c’est pas constructif et on à un peu de boulot là !)

On se rappelle qu’on a choisi l’éducation bienveillante, pas par mode ni au hasard en jouant à plouf plouf mais pour des raisons scientifiques, éthiques et raisonnées. On se les rappelle, on revisionne 2-3 vidéo de Catherine Gueguen et de Filliozat et on se rappelle la règle N° 1 de la bienveillance parentale : « envers toi-même, bienveillant tu seras » (oui, Yoda était un maître bienveillant, j’en suis sure !). On se rappelle qu’on a le droit de faire des erreurs et on se pardonne, sincèrement.

Ensuite on élabore un vrai « plan d’action » dont l’objectif est de s’attaquer à la cause racine du TOP (l’angoisse de l’enfant), de rétablir la bienveillance, et de réparer la relation.


Pour établir mon plan d’action j’ai d’abord épluché quelques publications assez poussées sur le TOP et son « traitement » et j’ai noté les points essentiels puis j’ai adapté à notre situation et à mon enfant. Comme j’ai décidé de partager ce plan d’action ici, je tiens à faire un rappel nécessaire :

JE NE SUIS PAS PSYCHOLOGUE NI UNE PROFESSIONNELLE DE L’ÉDUCATION, CE QUE JE VAIS PARTAGER DÉCOULE D’UNE EXPÉRIENCE PERSONNELLE ET N’EST PAS UN MODÈLE INFAILLIBLE ET UNIVERSEL, JE NE SUIS DONC PAS EN MESURE DE PROMETTRE QUOI QUE CE SOIT EN TERME DE RÉSULTAT


Voici donc le détail de notre plan :


1/ rassurer l’enfant par la parole: dans notre situation, le rassurer consistait tout d’abord à avoir une vraie conversation avec lui. Le contenu de cette conversation et la forme est à adapter à l’âge et la sensibilité de l’enfant bien sûr, pour moi ça a donné  « S., je sais que tu as compris que papa à des problèmes à son travail, c’est vrai. Et ça l’inquiète donc ça le rend moins patient avec vous mais tu ne dois pas oublier que nous sommes les parents, c’est notre travail de parents de TE protéger et de nous inquiéter pour toi, pas l’inverse. Si vous n’avez pas d’idée sur le pourquoi de son mal être, vous pouvez tenter une séance d’écoute active, selon l’âge, ou de clairement lui dire que vous constatez qu’il ne va pas bien, qu’il peut vous confier ses problèmes s’il le souhaite (éviter les suppositions pour que l’enfant ne soit pas tenter de valider vos hypothèses juste pour vous faire plaisir) et que dans l’attente, vous allez tacher de lui offrir un cadre rassurant. (l’enfant peut ne pas reconnaître consciemment l’origine de son angoisse)

Cette simple discussion a eu un effet immédiat sur le comportement contestataire de notre fils


2/ rassurer par le comportement : il faut se rappeler que bienveillance ne veut pas dire laxisme et que, si l’enfant peut manifester ses émotions (colère, frustration, etc) et son désaccord, certaines manières de l’exprimer ne sont pas acceptables pour vous ; faire un rappel de ce qui est acceptable ou non  lors d’une réunion de famille par exemple (on n’attaque pas la personnalité de l’enfant, juste les actions). On peut éventuellement refaire un point sur les règles de la famille en précisant ce qui est négociable ou non.


3/ on applique le plan d’action suivant lorsque l’enfant démarre une opposition :

            -accueil des émotions et rappel de la règle

            -ON NE RENTRE PAS DANS LA NÉGOCIATION ; c’est le cercle vicieux du TOP, l’enfant commence à argumenter, on argumente à notre tour, l’enfant tombe dans l’argumentation irrationnelle et on fait de même et à bout d’argument, la VEO refait surface.

            -pour éviter d’entrer dans la négociation, on n’hésite pas à faire « le disque rayé » en répétant la règle calmement, à l’identique, par exemple « on ne mange pas de gâteau à cette heure-ci car c’est mauvais pour la santé ».

            -rester ferme mais calme, absolument calme. il est primordial de ne pas perdre son sang froid et de rester bienveillant (quitte à répéter dans votre tête "je suis ferme et bienveillant" ou à imaginer que vous avez le Dalai Lama en personne devant vous). c'est un élément clé car c'est votre capacité à redresser cette situation dans le calme qui va rassurer l'enfant.

             -on fait du renforcement positif. et là on fait preuve de créativité, même dans les moments difficiles, même quand vous avez l'impression d'être face à Attila, il faut trouver ce qui peut être positif chez l'enfant, la moindre petite chose : "je vois que tu es quelqu'un de persévérant" ou "quelle efficacité", bref il faut trouver et valoriser la moindre chose positive dans cette période d'opposition. pourquoi? parce qu'il est important d'accorder plus d'importance à l'enfant lorsqu'il agit de manière positive que lors de ses oppositions.

             -on passe au moins 20mn de temps privilégié par jour avec lui. oui c'est la course, on rentre du boulot et de l'école à 18h30, il faut préparer le dîner, manger, les coucher... ça peut être l'histoire du soir, même les devoirs mais ce temps privilégié, de réelle attention, connexion est nécessaire

              -on va voir l'enfant et on lui porte de l'attention dans ses moments calmes. C'est tentant lorsque l'enfant est en période d'opposition permanente de ne surtout pas lui parler lorsqu'il est tranquille sur un coloriage ou devant un dessin animé, de peur de "réveiller le dragon"; le problème c'est qu'on entretient le cercle vicieux en donnant à son enfant de l'attention uniquement dans les moments d'opposition.


Les résultats? pour notre famille, très rapides, quelques jours à peine pour voir une nette amélioration et 2 semaines environ pour un retour à la normale. A se demander pourquoi on l'a pas mis en place plus tôt puisque finalement rien d'exceptionnel à ce plan d'action, si ce n'est notre conviction personnelle.

Pas de regrets non plus, même si nous nous sommes un peu égarés dans l'exaspération et les cris, nous ne sommes pas revenus à la VEO . Je pense que nous avons renforcé la relation de confiance avec notre fils mais également notre confiance dans le mode d'éducation que nous avons choisi; contrairement à ce que nous soufflaient les doutes apparus au début de ce TOP, notre enfant n'était pas en opposition parce que nous avions choisi l'éducation bienveillante mais bien parce que nous étions en train de nous en éloigner à cause de problèmes d'adultes qui nous rendaient soucieux, moins attentifs, moins patients et en plus angoissaient notre enfant.


Une belle leçon encore apprise grâce à la bienveillance : l'enfant par son opposition à toujours un message à nous transmettre

 

Retrouver la magie...




Nous sommes à environ 1 mois et demi de Noël  J’ai bien avancé mon tableau Pinterest de Noël et j’ai tellement hâte de commencer les préparatifs que j’avais envie de partager ça. Je vois trop de gens blasés par Noël, l’ "obligation " de faire les achats, bien souvent au dernier moment dans la foule et les grands magasins, le casse-tête de « avec qui passe t’on Noël ?», l’orgie de cadeaux pour les enfants qui se profile déjà à l’horizon, l’orgie de plastiques et emballages en tous genres qui se profile déjà pour la planète…

C’est ça Noël ? pourquoi accepte-t-on ainsi que la société de consommation dirige nos traditions et fasse de nous des moutons pollueurs-consommateurs ? parce que ça nous rend heureux ? même pas ! alors pourquoi ?
Cette année posez-vous la question… comment Noël peut-il retrouver sa magie et me rendre heureux ? quelles sont les valeurs que je souhaite transmettre à mes enfants ? qu’est-ce que je souhaite partager avec ceux que j’aime ? les habitudes sont-elles plus importantes que tout le reste ?

A la pendule il est Noël-moins-20 et il est donc encore temps de faire quelque chose pour sauver l’essentiel. Ça vous tente ? vous voulez augmenter votre capital bonheur ? alors laissez tomber ce catalogue Jouécloub et faites une réunion de famille. Vous avez besoin d’un plan d’attaque, de pistes ? je vous donne les miennes, c’est parti :

1/. On annonce la couleur et on vend du rêve : on ne dit pas « cette année, à cause du réchauffement climatique et de mon compte en banque agonisant, on va faire du light niveau cadeaux » on  dit « vous êtes prêts à passer le meilleur Noël de votre vie ? cette année on va créer des traditions et passer du temps ensemble »

2/.on choisit un thème pour pas s’éparpiller (Noël nature, rouge et blanc, poésie, Noël au Sahara si ça vous chante…) et on fait un brainstorming familial autour d’un chocolat chaud à la cannelle pour se mettre dans l’ambiance (ou un thé à la menthe du coup si on a choisi le Sahara)





3/.on prévoit réaliste en fonction du temps qu’on a et de ses compétences (recréer le château de la reine des neiges dans son salon en sculpture sur glace non, imaginer une petite forêt enchantée pourquoi pas si on se sent de le faire, décorer le ficus tout simplement pour commencer). N’oubliez pas que si vos enfants sont petits, la magie opère très vite et sans grande mise en œuvre (j’ai souvenir d’un gateau Croquemou complètement raté pour les 5 ans de mon fils qui m’a valu le statut de maman-trop-cool pendant des semaines). On retient 1 idée principale pour le sapin, 1 idée de guirlande et boules, 1 déco supplémentaire. Vous pourrez toujours ajouter des choses ensuite si vous êtes larges niveau timing


4/. On privilégie le fait maison !  Oui les guirlandes de chez la foireQuiFouille sont pas chères et brillent beaucoup mais elles sont faites par des enfants qui manipulent des produits chimiques à l’autre bout du monde, abiment la planète et ne vous apporteront aucune joie supplémentaire (voir ici ) alors que fabriquer des choses de vos mains, encore plus avec des enfants, ça oui… et encore une fois, Pinterest vous prouvera que décos de Noël faites maison ne veut pas dire déco toute miteuse et ringarde en macaronis.







 5/.On commence les ateliers fabrication, on met le paquet, musique de Noel en fond sonore et on n’oublie pas que le but principal est de passer de bons moments en famille

6/.on valorise ces moments avec les enfants, on en profite pour leur faire remarquer le plaisir qu’ils ressentent

7/on crée ses traditions de Noel qu’on reproduira tous les ans (fabrication d’un sapin écolo , le Noël des oiseaux , les oranges piquées de clous de girofle). Franchement, vous vous rappelez des cadeaux que vous avez eu à 6 ans ? probablement que non, par contre le repas de famille, les cousins, les odeurs de cannelle et d’orange, avoir fabriqué une guirlande avec mamie… ça oui. Pourquoi ? parce que les émotions positives issues des interactions humaines sont les plus fortes et s’inscrivent donc dans la mémoire à long terme (oui sois vigilent chez lecteur, des informations scientifiques se cachent parfois dans ce blog…)

fabrication du sapin en carton

sapin en carton décoré par les enfants

8/. On se rappelle que donner apporte plus de joie que de recevoir, et on l’inculque aux enfants : on prépare des petits cadeaux faits maison pour ceux qu’on aime. Si vos enfants croient au père Noël ce n’est pas incompatible du tout ; nous leur expliquions que Noël est aussi l’occasion d’offrir des choses qui viennent du cœur à ceux qu’on aime. Effet garanti le jour de Noël lorsque vos petits lutins armés d’un panier viendront porter des petits cadeaux à tout le monde… des étoiles plein les yeux




9/. On s’exerce à la gratitude. Soyez reconnaissant pour ce que vous avez, et partager ce bonheur. Pourquoi ne pas initier la famille au RAOK ? (non le RAOK n’est pas un cousin de Rahan et n’a rien d’un cri de guerre ); il s’agit d’un mouvement positif mondial « random Act of kindness » qui pourrait se traduire par « Acte Aléatoire de Gentillesse ». Basé sur l’idée que de petits actes de gentillesse peuvent créer des cercles vertueux de positivité, le principe est simple : des gestes simples comme tenir la porte pour quelqu’un, ou faire un compliment sincères, mais aussi des « farces de gentillesse », des petits cadeaux, des attentions, du bénévolat. A votre échelle, selon votre temps, vos moyens. Nous pouvons tous faire la différence. C’est un très bon moyen de déclencher chez les enfants des sentiments de grande joie et de connexion avec les autres, des échanges magnifiques, et ainsi de leur faire comprendre que donner peut leur apporter infiniment plus de joie que de simplement recevoir.
Là encore, rien de tel que de faire une séance de brainstorming en famille pour trouver des idées de RAOK à réaliser pour voir les enfants jubiler d’avance de leurs « bons coups » et leurs yeux pétiller de joie à l’idée de bonheur qu’ils vont donner

10/. on profite, on ralenti, on décroit… faites léger pour les cadeaux, donnez des consignes, expliquez votre démarche : plus de poésie, de rêves, de moments partagés, moins de cadeaux, moins de pollution...


Bref,  Noël c’est le moment de penser à ceux qu’on aime, aux enfants… mais aimer ses enfants ce n’est pas leur offrir une orgie de jouets, c’est leur apprendre tout ce que la vie peut offrir de beau sans débourser un centime, leur apprendre à donner et à recevoir de l’émotion plutôt que du matériel, c’est aussi préserver la planète sur laquelle ils continueront de vivre, eux, lorsque nous ne serons plus là…

Alors je vous souhaite d’avance un très beau Noël ! et n’hésitez pas à partager ici vos meilleures traditions familiales de Noël et tout ce qui fait revivre la magie de cette fête !